Concert à Kaysersberg

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2015 HM Concert Kaysersberg 01

Article des DNA du 11/02/2015

Des cuivres et des bois qui jettent des feux dorés et mordorés contrastant avec la sobre élégance des costumes noirs de l’Harmonie Echo de Turckheim installée en demi cercle devant le parterre et les gradins, où ont pris place près de 400 personnes de tous âges dans la salle des Sports de Kaysersberg, la seule adaptée à ce déploiement de force. Car les musiciens étaient plus de 70 (la formation peut en compter 20 de plus).

A l’entrée -libre-, Marie José Arnoux distribue le programme en compagnie d’Yvette Rougeot, vice-présidente de l’ Echo (Le président est Jean-Marc Meyer) qui renseigne l’arrivant et assure la logistique.

Rachel Zimmerman, la cantatrice, n’aura ce soir à donner de la voix que dans la présentation vigoureuse et pleine d’humour du programme : Au pupitre, Patrick Porretti supervise de main (s) de maître cette mécanique parfaitement réglée, contient les brillantes envolées collectives dans une unicité bluffante, puis dédicace une attention particulière selon les impératifs de la partition. Ici se distinguent deux trombones à coulisses, puis 4 euphonium, 3 bassons.. A propos, l’un des trois est tenu par la petite Laure Thomas, 11 ans encadrée pour son premier concert par ses deux mentors dont Alain, en poste au philharmonique de Strasbourg.

Le chef entre en fanfare comme dans l’arène avec Fuego de la danza , un paso doble dont on pourrait aussi bien inverser les termes du titre, l’ensemble atteint ainsi sa température idéale pour la Gazza ladra -la pie voleuse- de Rossini où les clarinettes et les hautbois soufflent tour à tour zéphyr et aquilon avant d’être emportés dans la tempête des tubas.

La tension ne s’infléchit jamais grâce à un inventaire éclectique qui croise un protéiforme Porgy an Bess avec les sabres éclatants d’une fire dance arménienne. Après une pause, Rachel coiffée d’un sombrero annonce sur fond de cucaracha l’amorce de la deuxième partie emmenée par un folklorique Tijuana taxi auquel la tentation du Nord fait rêver parfois de Copland, ébauche de contemporain assumée par Cap Kennedy et aussitôt ramenée à la raison par une des 800 versions (!) de moliendo café.

A la périphérie, la contrebasse et les 4 percussionnistes tirent leur épingle du jeu, -la jeune Kondo Bille-Ryoko endiable le vibraphone mais ne dédaigne pas la grosse caisse- et l’enthousiasme est tel que l’Echo concédera facilement trois bis typés swing-rock, achevant la transfiguration de la salle en un (immense) cabaret. Une réussite totale.

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